Les récifs coralliens représentent l’un des types d’écosystèmes les plus menacés de la planète. Destruction directe (prélèvement de matériaux de construction, aménagement de ports...), effets des substances toxiques (métaux, hydrocarbures, polluants organiques persistants, pesticides, cyanures...), réchauffement de la planète : les activités de l’homme agressent les écosystèmes récifaux. Selon les chercheurs, 70% des récifs coralliens du monde sont soit quasi éteints, soit en danger de disparition !
Les récifs coralliens reçoivent de nombreux sels minéraux nutritifs (phosphates et nitrates en particulier) et diverses substances toxiques via les eaux fluviales et estuariennes et les rejets d’eaux usées urbaines et industrielles. La circulation maritime générale, les rejets effectués par les bâtiments, les accidents de transport de composés chimiques dangereux et les pollutions liées à l’exploitation de gisements de pétrole off shore sont également sources de polluants toxiques. Les agressions chimiques peuvent aussi provenir du transfert de polluants atmosphériques dans les eaux marines, par la voie des précipitations, ou encore de l’usage, généralement clandestin, de cyanures pour la capture de poissons destinés à l’aquariophilie ou à la restauration.
Partout dans le monde, les récifs subissent les effets du réchauffement des eaux de surface consécutif aux changements climatiques globaux et – bien que pour l’instant le risque soit moins imminent – à l’accroissement du flux d’ultraviolets en surface de l’océan en raison de la dégradation de l’ozone stratosphérique.
Les chercheurs estiment à l’heure actuelle que 20 % de la totalité des récifs coralliens du monde sont déjà détruits ou extrêmement dégradés ; que 24 % d’entre eux sont en risque immédiat d’éradication et que 26 % supplémentaires sont en danger à plus long terme. Ainsi, au total, 70 % des biomes récifaux du globe sont soit quasi éteints, soit en danger de disparition.
Il existe aujourd’hui encore un immense besoin en recherche sur l’écotoxicologie des récifs coralliens, plus particulièrement afin de mieux évaluer les conséquences écologiques de leur pollution par des substances toxiques sur la structure et le fonctionnement de ces écosystèmes et de mettre en œuvre les mesures de préservation qui s’imposent en toute urgence.